Soleils et Cendre

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Question à la critique (Ateliers d'écriture)

Animé lors du festival d'Avignon 1996



ATELIER QUESTION À LA CRITIQUE



Ceci constitue un atelier d'exploration, destiné à interroger "l'art des critiques". Il est conçu pour alimenter un débat qui prend place en fin d'atelier et se poursuit, à travers les textes produits, dans les rues festivalières.


1. On commence par une série de flashes, de réflexions personnelles, sous forme de constitution de notes :


    a. Les mots que vous associez spontanément au mot “critique”

    b. Quels problèmes la critique “habituelle” vous pose-t-elle ?

    c. Les mots que vous associez à l’idée d’un renouvellement de la critique

    d. Et à partir des citations (voir plus bas),  un mot-réaction par citation

2. Repérer les deux mots qui font le plus écart. Les travailler sur pôle idéel puis sur pôle matériel.


3. A partir du matériau ainsi constitué, écriture d'un premier texte d'une dizaine de lignes.


4. Affichage collectif. Lecture-repérage dans chaque texte d’un point, aspect, formule, formulation... à mettre en débat.


5. Débat 1, à quatre participants devant quatre témoins qui prennent des notes.


6. Débat 2, idem en inversant les rôles.

7. Travail des notes, repérage de mots-crêtes, travail de ces mots...

8. Texte 2 : Question à la critique...

9. Lecture par rotation rapide des textes, avec prise de notes (fragments) qui feront l'objet de transformations et pourront être utilisées ultérieurement dans des textes personnels (par exemple, en exergue, en citation, en filigrane...)


10. Débat.


QUELQUES CITATIONS
(pour être utilisées dans la phase 1d)


Le critique qui n’a rien produit est un lâche : c’est un abbé qui courtise la femme d’un laïc ; celui-ci ne peut lui rendre la pareille et se battre avec lui.
 Théophile Gautier

On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l’art, de même qu’on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat.
Gustave Flaubert

Vieil océan, tes eaux sont amères. C’est exactement le même goût de fiel que distille la critique sur les beaux arts, sur les sciences sur tout. Si quelqu’un a du génie, on le fait passer pour un idiot ; si quelque autre est beau de corps, c’est un bossu affreux. Certes il faut que l’homme sente avec force son imperfection, dont les trois quarts d’ailleurs ne sont dus qu’à lui-même, pour la critiquer ainsi !
Lautréamont

N’est-il pas venu le temps d’un retournement, d’un dépassement : la critique comme création  authentique à la fois intrinsèquement liée à l’œuvre mais aussi œuvre autonome, ... tenant le lecteur pour prochain créateur et non comme consommateur potentiel.
Yves Béal

Vous, responsable culturel, avez-vous suffisamment d’invention d’une part (et de tous ordres), de courage et de lucidité civiques d’autre part, de passion enfin, pour maintenir à contre-courant votre action, cette action qui, par la force des choses, ne peut se renouveler que sous la forme de la critique et de la révolte permanentes.
Jean Vilar

Il n’y a pas quelqu’un qui donne et quelqu’un qui reçoit. Il y a un dispositif de vie publique dont nous devons tous être les acteurs. Rien n’est donné. Chacun doit faire son œuvre.
(Coups de gueule et coups de cœur des ateliers culture, Hénin-Beaumont 27/28 Oct. 95)

Comment faire en sorte, qu’à partir d’une contestation, il y ait un travail sur l’imaginaire ?
(Coups de gueule et coups de cœur  des ateliers culture, Valenciennes 15/16 fév. 96)

Il ne suffit pas de rapprocher spatialement les œuvres et les publics pour produire mécaniquement des effets.
(Coups de gueule et coups de cœur  des ateliers culture, Calais 24/25 juin 95)

Le médiateur est-il celui qui organise la programmation et la venue de l’artiste, ou bien peut-il être ce traducteur entre l’imaginaire, l’histoire, la mémoire d’un lieu social et physique et l’artiste qui arrive là.
(Coups de gueule et coups de cœur des ateliers culture, Calais 24/25 juin 95)

Un espace public n’est pas une chose abstraite : c’est un rapport qui fabrique du sens et qui véhicule un projet de société.
(Coups de gueule et coups de cœur  des ateliers culture, Valenciennes 15/16 fév. 96)

Aujourd’hui, l’art doit refonder la dimension polémique de “l’être ensemble” collectif... L’art n’est pas la fraise sur le gâteau, c’est le gâteau lui-même !
(Coups de gueule et coups de cœur  des ateliers culture, Valenciennes 15/16 fév. 96)

L’art, c’est cette chose qui fait qu’on réinvente en permanence la signification du monde et la signification de soi-même dans le monde.
  (Coups de gueule et coups de cœur des ateliers culture, Calais 24/25 juin 95)


QUELQUES TEXTES

Ces textes ont ponctué les parutions d'Avis d'Off, quotidien éphémère publié en juillet 95 et juillet 96 surle festival d'Avignon. Work in progress.