Soleils et Cendre

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Dissection (Ateliers d'écriture)

Atelier DISSECTION

Cet atelier a été bâti à Saint-Paul-Trois-Châteaux le 20 février 2008 par C. Bélézy, I. Ducastaing, S. Werner et H. Tramoy.
Il a été conçu à partir du thème de la Semaine de la francophonie (la rencontre) et des dix mots retenus par le comité national d'organisation.
Il a été animé pour la première fois à la bibliothèque de Bollène, le 4 mars 2008 en présence de 15 participants.


« … beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie… ». Lautréamont ; Chants de Maldoror.


1. Parmi les 10 mots retenus par le comité national, en choisir deux. On prend le temps du choix (il est important pour la suite de l'atelier de ne pas choisir ensemble les deux mots les plus courts).

2. On recopie sur de petits carrés de papier ("la graphie excite sourdement le désir d'écrire" ; J. Ricardou) toutes les lettres de ces deux mots.

3. On va jouer au mot le plus long ou au scrabble.
En constituant le plus de mots possibles, de longueur variable, en utilisant les lettres disponibles.
Contrainte : on ne peut pas ajouter de lettres.
Facilité : on peut utiliser plusieurs fois la même lettre ; on a le droit à l’orthographe phonétique.
Cela nous conduit à la constitution d’une première liste.

4. Batissons à présent une deuxième liste selon le procédé suivant : avec les deux mots de départ (de leur rencontre) on construit un arbre à mots par association d’idées des mots pris deux à deux.

Schéma de l'arbre à mots

Exemples :
La fusion par association d'idées entre visage et palabre me donne 5 mots : expression (mot A), étonnement (mot B), ennui (mot C), etc.
La fusion idéelle de A avec B me donne : béer (mot 1)
La fusion idéelle de B avec C me donne : éclair pour "tonnement" de "nuit" (mot 2)
La fusion de 1 avec 2 m'a donné choc (éclair béant), allez savoir pourquoi, etc.


5. A partir de ces deux listes on va écrire des fragments : rencontre fortuite de 2 ou 3 mots, dans la lignée du "binôme (ou trinôme) imaginatif " (G. Rodari)

6. Nous en sommes arrivés au moment de la fabrication d'un premier texte : en tricotant nos fragments obtenus précédemment : emmêlant, ajustant, agençant…
Mais avant tout et pour cela, nous allons choisir soigneusement le fragment qui constituera l'amorce de ce premier texte.
Pour plus de commodité ce texte sera présenté en drapeau.

7. Affichage, co-pillage.
A la rencontre des textes des autres, aller chercher deux fragments (puisés dans deux textes différents) qui font écho à notre propre texte.

8. Mêler ces deux fragments (dans la présentation en drapeau, un fragment = une “ligne”) pour en constituer un seul (il n’est pas indispensable de tout conserver ; procéder par agglomération, transformation, collage...) pour en faire l’amorce de notre second texte.

9. Elaboration du second texte :

On va associer les “lignes” deux à deux : la première avec la dernière, la deuxième avec l’avant-dernière, la troisième avec l’antépénultième, etc. Si le nombre de lignes est pair, toutes les lignes sont associées. S’il est impair, la ligne centrale reste seule.
Il s’agit maintenant de refondre les lignes deux à deux pour, à partir de chaque paire de lignes,  n’en faire advenir qu’une : rencontre / fusion.
Cette refonte s’opère dans la veine de la nouvelle amorce du texte, celui-là s'articulant à - et s'enracinant en - celle-ci.

par exemple :
l’âge pagaie sur ton visage + un éclair de temps agile

peuvent faire advenir :
pagaille agile du temps éclairant ton visage
    ou
le visage agile dans l’éclair s’assagit sur la page du temps
    ou bien encore
sur l’agilité du temps s’éclaire le pas gai de ton visage


10. Réécriture d’affinage.

11. Clôture de l’atelier : lectures croisées à haute-voix  des textes produits et analyse de l’atelier.