Soleils et Cendre

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Salle(s) d'attente(s) (Ateliers d'écriture)

SALLE(S) D'ATTENTE(S)



Lignes d'exploration, disponibles pour divers dispositifs, situations, décisions d'écriture :

Salles d'attente ou salle d'attentes ? Salves d'attentes ?
Visage ou buée derrière la fenêtre : partir ou bien revenir ? Lieu d'anihilation, lieu d'inhalation ? Privation sensorielle, exaspération de l'espoir : toutes les formes de cellules sont présentes. No man's land de l'intemporalité.
Où pousserai-je mon dernier soupir. Perte d'équilibre juste avant le vertige.
Couloir de la mort. Odieux mouroir.
Agora décalée. Corps juxtaposés, paroles retenues.
Vestiaires et autres chambres d'appel. Sas, cubes et cuves. Dépressurisation, apnée, claustrophobie.
Mots croisés et presse people. Salle d'attente, espace détente. Espace d'angoisse.
Ne pas oublier : prendre rendez-vous chez le docteur ; vérifier l'horaire des trains pour Bourges et Limoges.
Les loges, on s'y grime avant le grand rendez-vous avec le trac. Rites de passage, rites de dépassement.

Sale attente, centre de détention, dernière minute avant l'expulsion.
Entassement des mots et des maux. Mutité. La pause avant le fracas des mots.

DISPOSITIF POUR « SALLE D'ATTENTE »

Ce dispositif a été imaginé par le collectif Soleils & Cendre, lors de la rencontre de Pâques 2008 du comité de rédaction, à Sarrians. Il était destiné à la préparation du numéro 86, autour du thème « Salle(s) d’attente(s) ».

Il fait désormais partie du "patrimoine".

Salle d’attente : rendez-vous / distorsion du temps / enjeu de l’attente


1. Le dispositif d’écriture suppose un passage en salle d’attente (médecin, gare, garage, autre profession libérale, service public…). Lieu de prise de notes sur le petit carnet du poète (cette matière sera précieusement conservée et rapportée plus tard sur la table de travail).

Collecte n° 1 : on va relever les odeurs, les bruits, paroles et silences, les écrits ;

Collecte n° 2 : on va noter nos sentiments, nos agacements, notre rapport au temps, notre rapport aux gens ;

Collecte n° 3 : on choisit une personne, on imagine … (sa vie, ce qu’elle est, à quoi elle pense), on effracte son intimité ;


2. De retour à sa table de travail : à partir de ces matériaux, vont s’ouvrir plusieurs pistes d’écriture avec des micro-dispositifs (faire proliférer des mots forts, fabriquer des fragments, faire se rencontrer les mots d’une manière aléatoire, …) : on obtient des bribes.


3. Le texte produit à partir de ces bribes est une salle d’attente : on y entre sur rendez-vous. Qu’est-ce qui fait rendez-vous (mots et expressions à travailler) ? Cette première piste de réécriture insémine le texte, le sature de cette idée de rendez-vous.


4. Dans ce texte salle d’attente, le temps se dilate (se distord) : à partir des mots du temps, on stimule sa temporalité (amplifier ce qui est instant, réduire ce qui s’y installe) : deuxième piste de réécriture.


5. Texte salle d’attente encore : notre attente a un enjeu. Qui nous travaille : il y a le présent envahissant de la salle d’attente qui se confond /s’oppose à l’enjeu en soi de l’attente. On va introduire dans notre texte une balance, une bascule entre ces deux aspects : troisième piste de réécriture.


On peut choisir comme texte final un de ces trois états de réécriture ou la percussion des trois.


Quelques autres pistes de réécriture formelle :

au moment où mon tour arrive, des effets s'accélèrent, des affects m’envahissent : le texte se désagrège, se déstructure, se rétracte….